SDM

Services documentaires multimédias

Services documentaires multimédias (SDM) fête ses 40 ans!


Caroline Ricard
Services documentaires multimédias (SDM) inc., Montréal

Cet article a été publié dans Lurelu
(v. 27, no 3, 2005, p. 99-100).

L'auteure est bibliothécaire professionnelle et coordonatrice de Choix jeunesse chez Services documentaires multimédias (SDM) inc.

Le début des années 1960 fut marqué par de grands bouleversements dans le fonctionnement des collèges classiques du Québec. C’est l’époque où les autorités décidèrent que, pour être accrédité, chacun d’entre eux devait posséder une bibliothèque convenable, donc riche et organisée, afin de répondre aux besoins des étudiants. Malheureusement, ces établissements accusaient un sérieux retard dans l’organisation de leurs collections. Le manque de bibliothécaires qualifiés, l’urgence de classifier et de cataloguer les collections existantes, de même que les acquisitions futures, poussent les directeurs à trouver rapidement une solution pour remédier au problème. Devant le constat du recoupement des ouvrages entre des collèges offrant sensiblement les mêmes programmes, les autorités décident, en 1964, de créer une Centrale de catalogage afin de favoriser la coopération entre les institutions et d’éviter ainsi la répétition des tâches bibliothéconomiques : catalogage, classification, choix de documentation, etc.

La Centrale se fit peu à peu un nom dans le monde bibliothéconomique québécois et se vit ainsi sollicitée par des commissions scolaires et des écoles laïques, à l’intention desquelles elle élargit sa gamme de services. La Centrale de catalogage devint donc, en 1966, la Centrale des bibliothèques. Dans un monde en pleine mutation, avec la disparition des collèges classiques et la naissance des cégeps, elle fut intégrée au ministère de l’Éducation jusqu’à ce qu’elle soit incorporée à titre d’organisme à but non lucratif en 1982. Ce n’est toutefois que six ans plus tard que la raison sociale fut modifiée pour SDM (Services documentaires multimédia) afin de refléter la variété des supports recensés ainsi que de leur mode de diffusion.

Administré par un conseil formé de personnes-clés des milieux du livre, des bibliothèques scolaires et publiques ainsi que du monde de la documentation, SDM est, près de quarante ans plus tard, non seulement la plus importante agence de traitement documentaire francophone en Amérique du Nord, mais également une référence incontournable en matière de politiques et de normes du traitement documentaire. Il procède chaque année au traitement de plus de 30 000 livres, de 19 000 articles de périodiques, de 6000 documents audiovisuels et de 500 documents électroniques, respectivement répertoriés dans les bases de données suivantes : Choix (incluant Choix jeunesse), Repère, David et Logibase. Au total : plus d’un million et demi de notices incluant description bibliographique, analyse documentaire (classification et indexation) et éléments d’évaluation (public cible, valeur/utilité et annotation).

Choix jeunesse

Malgré une collaboration étroite avec la Fédération des collèges classiques, puis avec le ministère de l’Éducation, ce n’est qu’en 1970 que la Centrale s’intéresse véritablement aux secteurs des jeunes de niveaux préscolaire et primaire. Très tôt, elle a pu compter sur le support des éditeurs et distributeurs afin de produire ses choix de livres et les fiches de catalogue que l’on retrouvait dans les bibliothèques. Aujourd’hui, grâce à cette fidèle collaboration ainsi qu’à des partenariats récents avec le Groupe Archambault et les principales institutions documentaires du Québec, SDM est en mesure de faire face à l’accroissement exponentiel de la production éditoriale qui a affecté ce secteur. Dans sa forme actuelle, la base Choix jeunesse comporte plus de 90 000 notices et s’enrichit d’environ 5000 titres par année.

Chef de file dans le domaine des nouvelles technologies de l’information, SDM a évidemment dû adapter ses services aux nouvelles réalités et aux attentes de sa clientèle constituée de la majorité des bibliothèques du Québec, tous types confondus. C’est ainsi que Choix jeunesse, à l’instar des autres bases de données produites par SDM, est disponible en ligne et ses notices télédéchargeables via Internet bien que la diffusion traditionnelle des supports imprimés soit toujours maintenue. Ses notices, au contraire de celles mises en marché par des organismes tels la Library of Congress ou les Bibliothèques nationale de France ou du Canada, par exemple, sont complétées par des indices d’évaluation déterminant la catégorie d’usagers visée par l’ouvrage, d’un indice de valeur/utilité (de non recommandé à excellent) ainsi que d’une annotation descriptive à laquelle s’ajoute occasionnellement un commentaire critique. Cette valeur ajoutée se fonde sur des politiques constamment mises à jour dont la version la plus récente remonte à l’été 2004 et s’élabore à partir d’une variété de critères : l’adaptation du document au milieu socioculturel (sans cesse en fluctuation) et aux cours d’étude en vigueur ainsi que sa qualité tant aux plans esthétique et moral qu’à celui de l’écriture. Conséquemment, cet aspect du traitement évolue en lien étroit avec les bouleversements sociaux de la société contemporaine, permettant ainsi aux bibliothécaires, de même qu’à diverses catégories d’intervenants utilisant la littérature de jeunesse en tant que matériel didactique, d’effectuer un choix éclairé en fonction des objectifs qu’ils poursuivent, qu’il s’agisse de détecter des ouvrages de qualité supérieure ou d’autres susceptibles de heurter les valeurs de leur clientèle par un contenu particulièrement violent, raciste ou sexiste. Grâce à cette spécificité, SDM a étendu son marché à des bibliothèques outre-frontières, dont les dirigeants ont fait de Choix jeunesse leur outil de prédilection quant à la sélection de documents destinés à leurs programmes d’immersion en langue française.

Des outils spécialement adaptés pour le traitement de la littérature de jeunesse

En plus d’assister les bibliothécaires dans leur développement de collection, SDM met en marché des outils de catalogage et d’indexation normalisés. Ainsi, un partenariat avec l’Asted permettra prochainement à SDM de mettre en ligne, via son site web (www.sdm.qc.ca), les règles de catalogage anglo-américaines (RCAA2), qui viendront ainsi s’ajouter à la diffusion de FAUTOR (fichier d’autorité des différentes bases de SDM) et du Répertoire de vedettes-matière de l’université Laval (RVM), sur lequel se fonde celui de Vedettes-matière jeunesse (VMJ), utilisé pour l’indexation de la littérature enfantine et adolescente.

Si l’édition originelle de ce répertoire ayant vu le jour en 1981 consistait en un modeste cahier de 36 pages, il regroupe désormais près de 7000 entrées et est mis à jour quotidiennement. Homologué conjointement par la Bibliothèque nationale du Canada et la Library of Congress, cet outil vient enrichir l’indexation des ouvrages propres à la littérature destinée à l’utilisateur particulier que constitue le jeune public, notamment par l’inclusion de concepts inexistants dans la littérature s’adressant à leur aînés (par exemple la succion du pouce). Un second aspect important des VMJ est élaboré en fonction des parents, enseignants, animateurs et autres intervenants auprès de la jeunesse, qui jouent un rôle primordial dans le processus d’apprentissage et la transmission du plaisir de la lecture. Dans le but de leur donner des clés de recherche pour leurs activités d’animation de lecture, les concepts traduisant des sentiments, attitudes et autres aspects psychologiques sont également inclus dans le thésaurus.).

Lecture, culture et bibliothèques scolaires

De par son partenariat avec le ministère de l’Éducation et la place qu’il occupe dans le domaine culturel, SDM est extrêmement sensible aux pratiques de lecture des jeunes. Ces dernières sont bien entendu en étroite corrélation avec la réussite scolaire. Outre sa collaboration avec Livres ouverts (www.livresouverts.qc.ca), qu’il alimente en notices bibliographiques, SDM a récemment étendu son implication dans le domaine de la culture en mettant sur pied le site Bibliomanes (www.sdm.qc.ca/bibliomanes), destiné à promouvoir la lecture chez les garçons. Ces derniers ont la possibilité de naviguer à travers diverses listes de suggestions élaborées par des bibliothécaires professionnels en tenant compte des intérêts présumés de quatre profils de lecteurs : l’aventurier (« amateur de récits d'aventures, de survie en forêt, de chasse au trésor, de "fantasy", d'actualité, ainsi que d'ouvrages véhiculant des notions utiles à leurs expéditions »), le dynamique (amateur de récits réalistes, d'horreur, d'action, de guerre, de sports, de romans policiers et d'ouvrages humoristiques), le rêveur (amateur de merveilleux, de contes, de fables, de "fantasy", de récits réalistes, philosophiques ou poétiques véhiculant des valeurs morales) et le scientifique (amateur de science-fiction, de fantastique, de récits véhiculant des notions documentaires ainsi que d'ouvrages utiles à la compréhension des mondes réels ou inventés).

À ces sélections d’ouvrages ciblant expressément les garçons du préscolaire au secondaire et regroupant des ouvrages recensés dans la base Choix jeunesse depuis 2002 s’ajouteront régulièrement des concours ainsi que des entretiens avec des personnalités masculines révélant les ouvrages ayant marqué leur jeunesse de même que la place qu’ils réservent aujourd’hui à la lecture. Les jeunes lecteurs auront également la possibilité d’exprimer leurs coups de cœur, qui serviront à l’élaboration d’un palmarès publié sur le site. Un espace est également réservé aux animateurs du livre (professeurs, parents, bibliothécaires, etc.), qui auront accès à des articles proposant des pistes de réflexion concernant diverses problématiques liées à la littérature de jeunesse. Des webographies destinées aux lecteurs et animateurs complètent ce site qui est régulièrement mis à jour.

De grands projets à venir

Ne se satisfaisant pas de partenariats avec les principales institutions documentaires du Québec et de la francophonie, SDM procéda également l’été dernier à la réalisation de projets pilotes de catalogage de documents de langue anglaise. À ce jour, près de 1000 notices composent la nouvelle base Anglocat. L’indexation des ouvrages qui y sont répertoriés, dont la moitié est constituée de titres destinés à la jeunesse, est réalisée à la fois à l’aide des standards régulièrement utilisés par SDM (RVM et VMJ) auxquels s’ajoutent ceux de la Library of Congress : LCSH (Library of Congress Subject Heading) et LCSHC (Library of Congress Subject Heading for Children). SDM, qui a célébré en septembre dernier ses quarante ans en compagnie de clients et partenaires des quatre coins du Québec, n’a donc pas fini de faire parler de lui dans le domaine des sciences de l’information et entend bien faire bénéficier le milieu bibliothéconomique de son dynamisme et de son expertise pendant de longues années à venir.